Tunisie : les raisons de la chute chronique du dinar

Publié par | 23 mai 2013 | Actualités économiques



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Montacer Ben Cheikh, économiste, maître de conférences, consultant auprès d’entreprises britanniques, a évoqué sur le journal Courrier de l’Atlas la situation préoccupante du dinar face aux devises étrangères et exposé les raisons multiples «d’une dégringolade du dinar qui n’en finit plus ».

L’économiste assure que, face à l’euro, il s’agit davantage d’une dépréciation que d’une dévaluation du dinar par la BCT, l’euro n’ayant jamais cessé de s’apprécier vis-à-vis du dinar tunisien, depuis l’introduction de ce dernier sur les marchés financiers en 1999. La hausse tendancielle de l’euro face au dinar peut être expliquée, selon M. Ben Cheikh, par la flexibilité de la monnaie européenne qui en fait une monnaie forte. Ensuite, notre monnaie se trouve négativement affectée du fait du déséquilibre de notre balance commerciale en faveur de la zone euro qui est notre premier partenaire commercial. Enfin, explique l’expert, le niveau élevé de la dette souveraine rend la monnaie domestique vulnérable. La Tunisie ne peut compter ni sur des recettes fiscales immédiates ni sur une rente d’hydrocarbures, fait remarquer M. Ben Cheikh, ajoutant que la solution pourrait consister à améliorer la productivité globale des facteurs et soulignant que la dévaluation du dinar pour la promotion des exportations et pour honorer les engagements financiers est fallacieuse, voire dangereuse. Car, explique-t-il, la Tunisie ne contrôle pas les prix internationaux des biens exportés et qu’à long terme elle pourrait faire de nos produits des biens « low cost ».
Interrogé sur les possibles répercussions structurelles sur l’économie nationale de cette situation si elle arrivait à perdurer, M. Ben Cheikh a relevé combien l’économie tunisienne est devenue fragile. Elle a besoin, fait-il remarquer, de capitaux pour tourner. En l’absence de ressources significatives, face à un ralentissement du flux des IDE, la sécurité et la stabilité politique doivent être assurées, ce qui n’est nullement le cas.
L’expert pose, en l’occurrence, nombre de questions demeurées sans réponses et concernant les mesures ayant dû être prises par le gouvernement en vue de stabiliser l’inflation, de créer 800 mille emplois, de faire face aux augmentations annoncées des prix des céréales… : « Rien ne nous empêche de connaître une économie d’après-guerre, même si nous ne sommes pas à proprement parler entrés en guerre. »

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