Larayedh fait la manche au Qatar

Publié par | 23 mai 2013 | Actualités économiques



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Le chef du gouvernement tunisien, Ali Larayedh, a entamé une visite officielle au Qatar, où il participe au forum de Doha. L’occasion, pour lui, de négocier des aides de l’émirat.

Le premier ministre tunisien, Ali Larayedh, était loin, bien loin de Tunis, dimanche, lorsque de violents affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux salafistes d’Ansar al-Charia. C’est depuis le Qatar, où il effectuait une visite officielle, que le dirigeant islamiste a commenté les graves événements qui ont secoué la capitale, mais aussi Kairouan, où les extrémistes voulaient tenir leur congrès sans autorisation, et Ben Guerdane, à la frontière tuniso-libyenne. « Ce groupe exerce la violence, s’oppose à l’État et se rebelle », a-t-il accusé, en fustigeant une organisation « illégale » et, selon lui, « impliquée dans le terrorisme ». En marge du Forum international de Doha auquel il participe, le chef du gouvernement tunisien s’est entretenu avec l’émir du Qatar, Cheikh Hamed Ben Khalifa Al Thani. Officiellement, il s’agissait d’examiner « les moyens d’impulser un partenariat tuniso-qatari en matière de coopération financière et technique et de mobilisation des investissements qataris en Tunisie ». En clair, Larayedh négocie un soutien financier du richissime émirat gazier, qui avait multiplié les effets d’annonce au lendemain de la chute de Ben Ali, promettant son appui économique à la transition tunisienne. Depuis, les investissements qataris tant attendus se sont faits plutôt maigres, dans un contexte de quasi-effondrement économique en Tunisie. Sous pression d’un chômage de masse qui maintient les diplômés dans l’exclusion sociale, les islamistes d’Ennahdha espèrent exporter vers l’émirat une partie des jeunes Tunisiens privés d’emploi. Les deux pays doivent « examiner les moyens de mettre en œuvre les propositions tunisiennes, notamment celles relatives à l’intégration des compétences tunisiennes dans le marché de l’emploi qatari », rapporte ainsi l’agence officielle Tunisie Afrique Presse (TAP). Alors que le FMI doit examiner, le 7 juin, le dossier relatif à l’octroi à la Tunisie d’un nouveau prêt de 1,7 milliard de dollars en contrepartie d’un programme de destruction sociale, Larayedh espère aussi pouvoir compter, rapporte la TAP, « sur le soutien indéfectible de l’État du Qatar au budget national ».

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