La Tunisie fonce dans un mur de dettes avec la France, USA et le FMI

Publié par | 24 mai 2013 | Actualités économiques



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Tunis – Le gouvernement se penche actuellement sur l’élaboration d’un troisième programme d’appui budgétaire au titre de 2013, d’un montant dépassant 1000 millions de dollars (1dt=1,666 dollar US), a avancé M.Elyes Fakhfakh, ministre des finances. A cette fin, le pays devra s’endetter soit auprès de la France ou des Etats-Unis d’Amérique pour un montant de 500 millions, libellés soit en dollars ou en euros, a-t-il encore souligné .

Intervenant dans le cadre d’une séance de dialogue avec le gouvernement, organisée mardi par l’Assemblée nationale constituante (ANC), M.Fakhfakh a souligné que la dette publique de la Tunisie devrait atteindre environ 46% du PIB, d’ici fin 2013, contre 44% fin 2012. Il a estimé que ce taux est acceptable bien qu’il soit supérieur au taux d’endettement en 2010 (40%), en raison de la conjoncture actuelle aux plans national et international.

En outre, a-t-il relevé, « la dette publique a augmenté parallèlement à l’accroissement du déficit budgétaire, actuellement de l’ordre de 5,9%, et l’aggravation du déficit courant(7,2% du PIB)». M.Fakhfakh a évoqué la possibilité d’une maîtrise du déficit budgétaire, à compter de 2014, pour le porter à 5%, outre l’abaissement de la dette publique à 43% en 2017. Le ministre a précisé que le gouvernement a entamé l’opération d’audit des banques publiques, et aura une vison plus claire de la situation financière de ces banques au cours du mois de septembre 2013.

Le gouvernement est entrain d’élaborer conjointement avec la Banque Mondiale (BM), une étude sur l’impact des dépenses d’investissement réalisées, au cours de l’année 2012, sur les catégories démunies et la croissance dans les régions intérieures. M.Fakhfakh a estimé que les bonnes pratiques de la bonne gouvernance et de la transparence seront prochainement appliquées dans les entreprises publiques, précisant que les deux premières sociétés qui seront concernées par l’entrée en vigueur de ces pratiques sont la Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR) et la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG).

« Il s’agit également d’engager d’autres réformes devant intéresser les fonds de retraite et la sécurité sociale », a-t-il ajouté. « La régression des réserves de change du pays (96 jours actuellement), le niveau élevé des dépenses de compensation (4000 millions de dinars) et l’épuisement des sources de financement traditionnelles, constituent autant de facteurs qui ont poussé le gouvernement à s’endetter auprès du FMI », a encore souligné M.Fakhfakh.

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) Chedly Ayari a rappelé que le conseil d’administration du FMI se réunira, le 7 juin 2013 pour examiner le dossier relatif à l’octroi à la Tunisie d’un prêt à titre de précaution. « Les conditions d’octroi de ce crédit, ne touchent en aucun cas la souveraineté de l’Etat tunisien » a encore affirmé M. Ayari, relevant que celles-ci ont été « fixées par la Tunisie ».

L’objectif est de garantir un climat propice à la croissance économique et à la promotion des investissements, outre, la mise en place d’une plate-forme institutionnelle transparente, répondant aux critères de la bonne gouvernance ». M.Ayari a rappelé que le prêt d’une valeur de 2,7 milliards de dinars, est remboursable sur 5 ans, dont 3 ans de grâce à chaque décaissement, moyennant un taux d’intérêt de 1,07%.

Cette séance plénière tenue, mardi, par l’ANC sera suivie d’une deuxième séance qui se tiendra jeudi 23 Mai 2013 pour poursuivre le dialogue avec le gouvernement sur un ensemble de questions. Elle portera, selon la première vice-présidente de l’ANC Meherzia Laâabidi, sur le contrôle financier, l’évasion fiscale, la gestion des domaines confisqués, les relations entre l’ANC et le ministère des finances et la loi des finances de l’année 2013.

TAP

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